La saison sera marquée par deux hauts faits : la victoire contre Pepinster (équipe de 1ère nationale) en coupe de Belgique et le titre de champion en 4ème nationale. Mais reprenons depuis le début. Deux jeunes joueurs rejoignent l’équipe : Renaud Bossicart qui retrouve ses deux frères et Sébastien Fisson qui vient de Saint-Hubert.

Auteur d’une véritable démonstration face à Grivegnée, 2ème du classement, les Chestrolais réalisent une bonne opération et s’isolent en tête à la mi-championnat. Voguant de succès en succès durant les mois de janvier, février et mars, l’équipe est sacrée championne le dimanche 21 mars grâce à sa victoire à Manage (61-82) tout en profitant de la défaite, la veille, de son principal adversaire : Grivegnée. 24 victoires pour 2 défaites : tel est le score. Les Chestrolais montent en 3ème nationale. Exploit jamais réalisé par l’équipe de Neufchâteau. Seul Arlon prit l’ascenseur en 1962, pour redescendre en fin de championnat. Personne n’insistera assez sur le fait que sept joueurs sur dix sont issus de la commune, et qu’un voisin borquin les a rejoints. Il faut y voir l’influence de l’école de basket, qui a permis aux jeunes, après les heures de cours, de mieux se lancer à l’assaut des paniers.

L’autre fait marquant de la saison est le parcours en coupe de Belgique. L’aventure commence contre une équipe de P2 liégeoise, Angleur, qui résistera un peu en première mi-temps avant de s’effondre (59-110). L’étape suivant sera plus coriace : Ekeren, équipe de 3ème nationale. Déterminés, solidaires et collectifs, les Chestrolais ont énormément perturbé les Anversois par une pression défensive constante. Le score final est sans appel : 80-61. Encore un tour (contre une P1 brabançonne, Waterloo) remporté 83-90 et c’est un match de prestige que l’on peut offrir pour les 16ème de finale. Pepinster, équipe de 1ère nationale, va nous rendre visite le 11 novembre 1998. Pas moins de 900 spectateurs remplissent la salle. Un véritable vent de folie souffle sur Neufchâteau. La presse écrite annonce l’événement et est présente en masse lors du match. La RTBF, par l’entremise de Pierre Robert, spécialiste maison du basket, est également présente. Au bout de 40 minutes de folie, Neufchâteau s’impose. Plutôt qu’un résumé, relisons le billet d’humeur paru quelques jours plus tard dans « L’Avenir du Luxembourg ».
« Les petits Ardennais face aux grands Américains.
En sport individuel, Le Luxembourg, proportionnellement à la densité de sa population, peut se targuer de posséder des sportifs de haut niveau. En natation, judo, nos élites jouent au niveau européen, mondial même. Fabienne Dufour, Brigitte Olivier, pour ne citer que deux exemples, portent haut les couleurs luxembourgeoises.

Nous possédons également des individualités au top niveau, dans des sports collectifs, Gauthier Remacle, le Bastognard, fait régulièrement vibrer le stade de Sclessin.
Par contre, nous avons moins l’occasion de pavoiser pour ce qui est du sport d’équipe. Alors, pourquoi bouder notre plaisir après l’exploit réussi par Neufchâteau en coupe de Belgique de basket-ball ?
Les Chestrolais évoluent en division IV nationale ; Pepinster est une équipe de haut de classement en première nationale. Imaginez-vous ça ? Des Ardennais face à des Américains. Et ce que personne n’osait espérer est arrivé. Les Pépins sont retournés, honteux et confus, battus et boutés hors de la coupe.
Neufchâteau pouvait faire la fête. L’entraîneur visiteur a eu l’élégance de ne chercher aucune excuse. L’imprévisibilité du sport a joué à fond.
Personne ne niera que le talent était plutôt visiteur.
Personne ne niera que c’est surtout l’agressivité, la volonté, le courage et l’enthousiasme qui ont prévalu. Et alors ? La foi fait partie intégrante des vertus cultivées en sport. Merci aux Chestrolais de nous l’avoir rappelé. Merci aux Chestrolais de nous avoir émus. »

Cette victoire permet d’atteindre les huitièmes de finale et de recevoir à nouveau une équipe de 1ère nationale. C’est fois, ce sera l’équipe phare du basket wallon : les Spirous de Charleroi.
Les médias sont encore plus présents. RTL-TVI envoie Marie-France Muschang pour une intervention en direct dans le journal de 19 h. La RTBF et Pierre Robert font un reportage avant le match sur les joueurs amateurs de Neufchâteau. Des prises de vue sont faites sur le lieu de travail de certains joueurs notamment. Charleroi ne prend pas le match à la légère. Il loue la salle pour faire connaissance avec elle et ses fameux anneaux. Des chambres sont réservées dans un hôtel pour que les joueurs puissent se reposer. Pendant ce temps, nos joueurs sont à leur travail ou à leurs études !

Ce 9 janvier 1999, le miracle n’aura pas lieu. La logique est respectée. Les mille spectateurs (mais où a-t-on pu les mettre !) s’en vont heureux d’avoir vu un match où les Chestrolais ont fait ce qu’ils ont pu et ont été loin d’être ridicules.

Cerise sur le gâteau de cette saison 1998-1999 : la coupe de Belgique remportée par l’équipe des juniors composée de Renaud Bossicart, Vincent Duchêne, Sébastien Fisson, Mathieu Fivet, Philippe Golinvaux, Pierre-Yves Lejeune et Jean-François Olivier.